Isabelle WEILL

Donatrice de la Fondation NEOMA PGE 1984

« Arrêtons les complexes » 

Isabelle Weill (PGE 84) a rejoint récemment le comité exécutif de la Fondation NEOMA.
Elle témoignage dans le NEOMA Alumni Mag #25 sur les raisons qu’ils l’ont poussée à s’engager aux côtés de NEOMA. 

ON VOUS PRÉSENTE COMME UNE ENTREPRENEUSE TRÈS CENTRÉE SUR L’ÉTHIQUE ET L’HUMAIN. POURQUOI CETTE QUÊTE DE SENS VOUS GUIDE-T-ELLE ? 


Je suis effectivement entrepreneuse dans l’univers du digital et de l’immobilier et j’accompagne un certain nombre d’entreprises en tant que Business Angel ou administratrice indépendante. J’adore entreprendre et prendre des risques, mais pour moi, il est important de le faire au sein d’entreprises qui apportent du sens et permettent à leurs clients de bénéficier d’une meilleure qualité de vie et d’un meilleur environnement. Cela s’explique certainement parce que j’ai grandi dans une famille où les femmes travaillaient dans l’univers médical, le care, et dont l’humain faisait partie intégrante. Ma mère disait: « On peut avoir tout l’argent qu’on veut, quand on est malade au fond d’un lit ça ne sert à rien ! » Le seul capital important dont nous disposons, c’est la santé psychique et physique. En tant qu’entrepreneuse ou cheffe d’entreprise, j’ai une conscience aiguë de cette responsabilité de protéger ses collaborateurs et de leur offrir un cadre épanouissant. J’ai eu la chance de travailler dans des entreprises qui avaient cette préoccupation, avec un respect des collaborateurs et la volonté de les faire grandir. En ce sens, j’ai conscience d’avoir été gâtée professionnellement, par mes études et les rencontres qui m’ont été données de faire. J’ai eu beaucoup de chance et je pense que c’est important de redonner et d’être utile. Aujourd’hui, c’est avant tout ce que je souhaite : être utile.


VOUS INTÉGREZ LE COMITÉ EXÉCUTIF DE LA FONDATION, QU’EST-CE QUE CET ENGAGEMENT SIGNIFIE POUR VOUS ? 


Je soutiens la Fondation depuis le début, c’est pour moi une initiative incontournable. En effet, je viens d’un milieu modeste, j’étais boursière et les frais de scolarité élevés sont très discriminants. J’ai d’ailleurs failli ne pas faire d’école de commerce, parce que je me disais qu’on ne pourrait pas payer. C’est ma mère qui nous a élevés seule, mon frère et moi, et pour cela elle a dû consentir à de grands sacrifices. D’un point de vue moins personnel, j’ai la conviction que la formation est essentielle tant pour les entreprises que pour l’avenir d’un pays. Si un pays forme bien ses jeunes, qu’il leur permet de trouver leur place dans la société, il en fait des gens heureux.


QUEL SENS VOULEZ-VOUS DONNER À VOTRE ENGAGEMENT AUPRÈS DE LA FONDATION ? 


En intégrant le comex de la Fondation, je voudrais essayer de faire prendre conscience aux anciens que plus on aura une Fondation forte, plus cela ressurgira sur l’image de l’école. Une école forte c’est une école qui a les moyens. Et c’est notre affaire à tous de lui octroyer ces moyens, pour investir notamment! Enfin, c’est peut-être un vœu pieux mais je souhaite également entreprendre une action pour raviver la fierté d’appartenance à NEOMA.


EN QUOI CETTE FIERTÉ D’APPARTENANCE EST IMPORTANTE POUR VOUS ?

Je pense qu’il y a tout un travail à mener autour de la fierté d’appartenance. J’ai beaucoup échangé avec des alumni et j’ai été frappée de voir que certains n’avaient pas la même fierté que moi d’avoir fait NEOMA Business School. Je connais de nombreuses personnes qui ont étudié dans des Grandes Écoles de commerce parisiennes et qui envient les carrières de Néomiens ! Arrêtons les complexes! Aujourd’hui, je n’ai pas honte de dire que j’ai mieux réussi professionnellement que mon mari qui a eu une enfance plus privilégiée, qui a fait une très belle classe préparatoire à Versailles et a ensuite intégré l’ESSEC !

Pour compléter mon propos, ces stéréotypes sont aussi très inscrits dans les mentalités des recruteurs. On ne vous parle que des softs skills, mais on vous reproche de ne pas avoir fait vos études dans les écoles de commerce parisiennes, ni de MBA à l’international ! Nous devons lutter contre ce décalage. Faisons qu’une personne sans trop de moyens qui intègre une bonne école comme NEOMA Business School soit fière de son parcours et valorise véritablement ce qu’elle est. Elle aura peut-être plus la niaque et sera peut-être plus débrouillarde qu’une autre personne qui a étudié dans une école dite plus prestigieuse !

J’ai la conviction que lorsque vous n’êtes pas dans des circuits classiques dès l’enfance, cela vous forge une plus grande ouverture et capacité d’adaptation et de créativité, vous gagnez en ténacité et disposez d’une plus grande capacité d’adaptation. Je me souviens que lors des oraux à Reims pour intégrer NEOMA Business School, j’ai interrogé mon examinateur sur les critères utilisés pour sélectionner les étudiants. Il m’a répondu : « La personnalité.» J’ai trouvé cela formidable parce que ça ouvre les chances et c’est également un excellent critère de sélection.

Pour moi, le rôle d’une école comme NEOMA Business School, c’est justement d’accompagner les étudiants pour capitaliser sur leurs forces et leurs points de différenciation. Au-delà des compétences, je suis convaincue que c’est la personnalité qui fait la différence. Et l’école aide à développer cela, savoir qui on est et pourquoi on fait ce qu’on fait. Elle aide à prendre des risques et forme des étudiants multi-facettes, capables de toucher à tout. Et l’arbitre dans tout cela est in fine le monde du travail, qui est un vrai révélateur de personnalités.


LA DIVERSITÉ REPRÉSENTE UN VOLET FORT ÉGALEMENT DE VOTRE ENGAGEMENT AUPRÈS DE LA FONDATION. QUELLES EN SONT LES RAISONS ? 


J’ai une conception très vaste de la diversité. Pour moi, il n’y a pas que l’origine ou le genre ou la couleur de peau. Pour moi, la diversité c’est aussi le milieu dans lequel on grandit. Il existe toujours des familles au sein desquelles les études ne sont pas valorisées et où les jeunes ne sont pas encouragés à poursuivre dans le secondaire. « Ça coûte cher», «Tu n’es pas sûr de réussir», « Tu vas de toute façon finir au chômage »… Comment faire en sorte que ces jeunes croient en leurs capacités et ne s’auto-censurent pas ? Cette question résume en elle-même le sens de mon soutien à la Fondation : je suis ici pour ouvrir des chances ! ❚
 

 

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